La possibilité d’une taxe sur la musique en streaming est envisagée dans l’industrie depuis que la ministre de la Culture Rima Abdul-Malak a évoqué la possibilité d’une taxe sur le streaming au Sénat en juin.

La ministre de la Culture propose une taxe Anti-Rap

Selon ses partisans, la mesure, largement passée inaperçue du public, permettrait de sécuriser le financement du Centre national de la musique (CNM), mais laisse planer l’ombre d’une taxe anti-rap.

La taxe affectera les redevances des producteurs et des artistes, faisant du registre du rap, qui dépend encore fortement des revenus générés par les plateformes de streaming, le contributeur le plus important du CNM.

Le rap est l’un des styles les moins représentés dans les demandes de subventions et dans les institutions qui définissent ses critères d’attributions. La ministre de la Culture a quand même proposé lors d’une audition au Sénat d’aménager des taxes existantes et de déployer une taxe sur le streaming. La mesure n’a pas agité le débat public, mais peut être clairement qualifiée de taxe anti-rap.

Derrière la taxe sur le streaming se cache une taxe Anti-Rap ?

Selon la SNEP, le streaming représente aujourd’hui plus de 87 % de la consommation d’albums de rap au Top 200 France. De nombreux artistes rap peinent à rompre avec une économie sensiblement dépendante des revenus générés par les plateformes de streaming audio et vidéo malgré le succès récent de ce genre musical en France.

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Le rap demeure minoritaire dans les rayons des grandes surfaces alimentaires et spécialisés, et les ventes physiques sont faibles et se font souvent via les sites des artistes. Idem pour ce qui est des diffusions radio et télé, pourtant le rap représente l’un des deux plus gros contributeurs à la part des productions françaises.

Ces facteurs remettent en question la véritable finalité de la taxe sur le streaming qui, compte tenu de son impact, pourrait être considérée comme une véritable taxe anti-rap. En pratique, cela revient à faire du rap le contributeur majoritaire à un système de subventions dont il est sous bénéficiaire au profit des autres genres ayant des modèles économiques moins dépendants du streaming et mieux représenté dans ses institutions.